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entrez dans le monde secret du PIANO DE CONCERT

INTRODUCTION

Vous êtes invités, à la lecture de ces thèmes, à découvrir ce qui fait les subtilités d'un piano de concert.

Sans ce souci de perfectionnisme, la magie de la musique en serait gravement altérée ; un piano à queue dédié au concert, demande des centaines d'heures de travail minutieux, d'études, de montage et de finitions touchant du visible à l'invisible c'est à dire le son.

Or, tout aussi beau que soit un instrument, c'est sur sa sonorité que va porter le jugement de valeur, d'abord par l'interprète puis par son public.

Cependant, la qualité instrumentale n'est pas encore acquise à sa sortie de fabrique, ni d'ailleurs du revendeur. Cette quête de la plus belle esthétique sonore pour servir la musique se fera en étroite collaboration avec l'Artiste, la salle de concert et l'expert en réglage du son. Suivra une analyse afin de réaliser le meilleur compromis dans la complexe alchimie,  de la dynamique clavier et de l' ensemble harmonique composé des cordes couplées à la table d'harmonie en épicéa. Ce dernier, est l'amplificateur et le révélateur du son produit par les cordes et les marteaux.

Quelle taille pour parler de modèle Concert ?

Un piano de concert, a des spécifications  précises bien au delà des fabrications standards des marques. Et il ne peut exister de bons Pianos sans bons Technicien-Accordeurs, vrais passionnés et consciencieux de leur métier. Ces caractéristiques impliquent des qualités instrumentales particulières sur l'ergonomie de haut niveau du mouvement de clavier-marteaux-étouffoirs, un ensemble d'harmonie de cordes-cadre de fonte et table de résonance conçu pour la puissance sonore et la richesse harmonique.

 Tout d'abord la taille . On peut considérer qu'elle démarre vers les 2,11 - 2,12 m de longueur. C'est à partir de ce gabarit physique que la richesse sonore dévoile ses subtilités indispensables aux exigences Artistiques. Le Pianiste a besoin de cette réserve de son et de ses possibilités, l'ingénieur du son en studio a besoin d'une source riche en matière sonore pour travailler ses mixages afin d'obtenir une oeuvre artistiquement remarquable. (et avoir de l'impact marketing dans les critiques des médias) Le public mélomane a ses exigences aussi en valeur musicale et en émotions. Et donc, c'est à partir de ces tailles de Piano que l'Expert en mise en musicalité (Accordeur) va pouvoir investir des heures de travail d'analyse et de mise au point afin d'obtenir le maximum de potentiel dans le son et dans la qualité de la dynamique du clavier.

 

 Or pour ce faire, il doit exister une intimité particulière entre l'instrument et le Technicien comme entre le Pianiste et son instrument. Celle ci va permettre une relation de compréhension entre le visible et l'invisible, la matière sonore acier, bois, feutres et l'énergie sonore complexe qui en est sublimée. C'est aussi à partir de cette taille, que les fabricants adoptent une conception de fabrication clavier "trapézoÏdale" (les touches du clavier sont plus longues dans les basses et diminuent vers les aigüs) pour un haut niveau d'équilibre et de dynamique entre l'avant des touches et le poids des têtes de marteaux plus important (c'est à dire proportionné à la masse des cordes et ensemble de résonance).

 

 Ces caractéristiques de toucher pianistique sont étalonnés pour les pianos de concert jusqu'aux 2,74 m - 2,78 m grands-concert. Ce sont des "toucher-étalons" sur lesquels se reposent les plus grands Artistes pour l'interprétation des oeuvres les plus difficiles et complexes. Il est très important de comprendre que dans la compétition actuelle de notre société culturelle médiatisée, un Artiste pour exister doit avoir un talent qui se distingue de la moyenne, être remarqué ! Il est donc indispensable que les caractéristiques instrumentales permettent, par ses qualités sonores et d'expression, cette différenciation.

 

En dessous de cette taille de 2,12m, vous destinez vos performances Artistiques à l'étagère des archives délaissées. Pourquoi ? , parce qu'on ne peux investir des heures de réglages de son sur des instruments qui n'ont pas la conception permettant de l'amener à l'émerveillement émotionnel. (musicien et auditeur). Ces sonorités vont de l'intimité d'oeuvres de musiques de chambre, par exemple, à des puissances contrôlées d'attaques orchestrales amples et majestueuses

La mystérieuse lutherie sonore cordes-cadre de fonte-table de résonance

Ainsi, suite à la taille de l'instrument,  la beauté du son va se révéler dans un complexe architectural composé de vibrations de cordes acier sur un support rigide de fonte et amplifié par une table d'épicéa renforcée de barres en sapin de renfort. Avec un transmetteur d'énergie important représenté par les chevalets. Un court chevalet de basses et un long chevalet pour les médiums et aigüs.

 Dans cet ensemble, tout influe sur la qualité du timbre, l'alliage particulier de la fonte, sa forme et sa rigidité, les différentes épaisseurs du bois de la table et son "design", les dimensions des barres de sapin de renfort et leurs formes ainsi que leurs nombres (13-14), la qualité de l'échelle "skala" (c'est la partie des cordes non frappées qui résonnent par sympathie avec la partie frappée par les marteaux), représente la précision de la correspondance d'accord avec la partie accordée musicale (harmoniques d'octave, quarte, quinte).

Cet enrichissement du son est particulièrement important, car il joue un rôle dans la richesse et la longueur du "sustain" du son. Ces harmoniques non frappées vont permettrent de réhausser le complexe fréquentiel de chaque note, car elles ne sont pas altérées par les caractéristiques des feutres des marteaux qui ont tendance à "étouffer" les partielles très aigüs du son. Ce son fondamental est en effet altéré par les empreintes de surface des feutres dans lesquelles le point de contact des cordes s'imprime. (lire le chapitre concernant l'harmonisation du timbre).

Mais cet exposé ne se veut pas exhaustif sur la nomenclature du piano. Vous pouvez pour ce faire, vous reporter aux nombreux développements de présentation édités par les fabricants eux-mêmes sur leurs brochures techniques. (Steinway & sons, Yamaha, Fazioli, Bechstein, Steingraeber, Schimmel, Seiler, Blüthner, Kawaï, Pleyel...) Avertissement : La présentation de Wikipédia en ligne indique de nombreuses erreurs sur la présentation et définitions du piano. Les termes employés sont parfois erronnés et manquent de précision technique.

En France, Stephen Paulello, facteur de pianos, développe sur son site beaucoup d'explications très expertes sur le sujet de la qualité des instruments. Il fait référence dans ses recherches sur les cordes et ses différents alliages dans le timbre des instruments de 1800 à nos jours. L'influence de la dureté de l'acier sous tension aux limites de ruptures dans la qualité du timbre et sa clarté sonore. Les qualités de filage du cuivre sur les âmes acier et leurs influences sur le caractère timbral. Il a fabriqué quelques pianos de concerts remarquables;

Ce qui nous interresse ici, est de comprendre ce qui influence les caractéristiques de performance instrumentale dans les fabrications courantes. Donc l'optimisation musical de pianos de concerts qui présentent des insuffisances critiques et comment les pallier.

 Ainsi, il nous faut bien prendre l'instrument comme il est, mais dans sa définition de piano de concert on a recours à des éléments de réglage sonore absents sur les modèles inférieurs. Et là, je parle des vis de réglage de hauteur du cadre de fonte. Elements fondamentaux de la dynamique de puissance, de la richesse harmonique, influent sur la longueur du son "sustain" ainsi que celle la projection sonore.

La chaîne de fabrication n'est pas confrontée en finalité à la pression d'exigeance d'un client mélomane. Alors, les pianos sont expédiés bien complets, bien finis esthétiquement mais... pas optimisés. Pourquoi ? Une des raisons principales est que les pianos n'ont pas encore leur stabilité dimensionnelle finale. Les bois de constitution vont continuer de se stabiliser sous les contraintes très fortes. En d'autres termes, la sortie de fabrication est incompétente à sortir un instrument musicalement parfait. Il faudrait pour ce faire, maintenir le piano en stock plusieurs années.. économiquement inenvisageable ! D'autre part, il faudrait pour sortir cet instrument en état de musicalité idéale, que des pianistes s'attardent dans le stock à les jouer périodiquement...

Bon, vous comprenez maintenant le sens de mes propos, lorsque le piano arrive aux mains des Artistes, le travail de mise en musicalité ne fait que commencer ! (définition du "brut de fabrication"). C'est comme un violon que le luthier vient d'offrir à son client, le son doit encore se faire plusieurs années avant d'exprimer sa générosité sonore expressive. En fait, ce que cela veut dire, c'est que le bois de la table d'harmonie doit être en vibration un maximum de temps pour que l'élasticité des fibres donne son plein potentiel.

Cette mise en musicalité, c'est le travail de l'accordeur et de l'Artiste en partenariat. Les deux sont unis par une noble mission commune, celle de parrainer l'instrument vers sa maturité Artistique. Cette compréhension d'un but commun est un des secrets des meilleurs pianos de concert de scène. Si l'un des deux est manquant à cette mission, c'est alors qu'on invoque trop souvent les défauts de fabrication... comme excuse devant un "mauvais" piano. (ou incompétent ou insensible à l'Art du réglage musical)

Ainsi, ces fameuses vis de réglage de hauteur de cadre prennent leurs appuis dans la solide structure barrage en multiplis bois (érable et sapin) sous-jacente. C'est la meilleure invention technique de la production moderne puisque, avant cela, le cadre était ajusté en fabrication sur des calles en bois de hauteur et donc quasimment non-correctible. Ces vis sont fondamentales dans la correction dynamique du son. On appelle cela le réglage de charge. Il consiste à ajuster avec précision la différence de niveau du cadre où sont fixées les cordes avec celui du sommet des chevalets où les cordes sont en appui. 

Or, il faut se représenter en 3 "D" ce complexe acoustique sophistiqué. Le résonateur naturel "table d'harmonie" est contraint sous la nappe de cordes. C'est à dire que son amplitude vibratoire est réduite par ses limites élastiques haut et bas. C'est à dire que la hauteur du cadre représente un "bridage" d'amplitude vibratoire) La forme de la table est légèrement convexe. Et cette légère voûte  vers le haut l'aide à résister mécaniquement à la contrainte vers le bas de la pression de la nappe de cordes. 

 Cette élasticité est loin d'être définitive. Le bois d'épicéa va continuer à varier (séchage) en volume, en pourcentage de résine dans les fibres, en caractère de rapidité d'occillation et de propagation de l'onde sonore. Il faudra donc corriger cette charge périodiquement au dixième de millimètre avec une analyse aussi bien technique que musicale. (le piano Yamaha C6 disponible pour vos concerts a bénéficié de ce réglage deux ans après son arrivée en France depuis le Japon)

Ces interventions sont très délicates mais indispensables. Une correction de charge dans un environnement stable et acoustiquement idéal, demandera au mieux une journée, ou plusieurs journées réparties sur quelques semaines... périodes entre-lesquelles l'Artiste rôde, expérimente son nouveau son et auxquelles on procédera à des contrôles de stabilité du potentiel expressif de la musicalité.

 C'est un travail d'expert et de "savoir-faire" développé. Où se mèlent connaissances techniques, intuition, responsabilité décisionnelle importante. Une correction de pression de charge implique systématiquement un ré-accord du piano, voir deux. Et pas un accord "à peu près", mais de la plus grande précision possible pour révéler le caractère orchestral des 7 octaves 1/4 du clavier. Ecouter et analyser les différents registres du piano des graves aux aigüs comme les différents pupitres d'un grand orchestre; Apprécier le "lyrisme" des parties mélodiques du piano et la longueur des "sustain". Ressentir la puissance sonore globale comme autant d'attaques d'orchestre et contrôler les points de saturation extrême. On ne cherche pas à enlever tous les "défauts" du son, car le caractère instrumental n'est pas une "pureté" fréquentielle harmonique à atteindre, mais apprécier l'intentionnalité humaine du timbre dans l'expression sonore. C'est travailler sur l'émotivité musicale et son amplitude. Elle s'exprime aussi bien dans l'intimité et la douceur, jusqu'aux "violences sonores" des répertoires des compositeurs. Idéalement, il s'agirait également d'adapter la puissance instrumentale et son caractère à l'acoustique de la salle de concert si bien sûr, le piano est résidentiel de cette scène pour une longue période.

Donc cette charge ne doit pas être trop importante pour ne pas "étouffer" la dynamique sonore et ne pas être trop faible pour ne pas avoir de perte de dynamique et des déphasages fréquentiels dûs à des désacouplements ponctuels de la corde sur chevalet, très audibles notamment en jeu "forte" avec enchaînements de jeu d'arpèges sur plusieurs octaves. Un manque de charge est synonyme de grave perte de puissance . Souvent ces déséquilibres sont mal répartis et constatables sur des zones différentes. 

Et c'est là qu'intervient toute l'expertise : Différencier les paramètres acoustiques qui influent sur la problématique expressive de la musique ! On peut tout aussi bien agir sur le caractère timbral en distinguant  :

A/ Les paramètres de rigidité des manches de marteaux, le poids des têtes des marteaux, l'épaisseur et la qualité de la laine des feutres, les paramètres d'élasticité et leurs zones de décompression, leurs formes et les empreintes d'usure..

B/ Les paramètres des cordes, leurs précisions de montage et d'ajustage, leurs tensions, leurs usures (aigüs, serrage du filage du cuivre sur la corde acier), la qualité du contact sur le chevalet (angle d'orientation des deux pointes d'accouplement sur le chevalet de table), la précision d'accord de l'échelle "skala"..

C/ La vérification de non décollage de petites zones de la table d'harmonie et ses constituants, son galbe, et donc la charge elle-même relevée à l'aide d'un comparateur au 100ème de mm.

Pour le réglage de la dynamique du son de la table, on remarque deux zones très sensibles, le chevalet des basses, et la partie extrème des aigüs. Trop souvent, le chevalet en zone très aigüe est trop chargé, trop de pression, ce qui implique un registre manquant d'éclat et surtout de longueur sonore. Une attaque de son agressive qui déclinera très (trop) vite. Le problème sera aussi un manque de projection en espace d'écoute. Le pianiste aura du mal à obtenir un jeu "legato" dans les arpèges et l'éclat et la puissance orchestrale d'une interprétation ; l'ingénieur du son aura peu de recours en console pour rectifier cette esthétique pauvre, si ce n'est que d'agir sur des paramètres d'effets de "réverbes" non naturels. Mais agir sur la rectification de la charge de pression des cordes sur le chevalet aura des influences directes sur les autres parties des chevalets et leurs spectres acoustiques. Aussi en décompressant les aigüs sur les bonnes valeurs de charge on y gagne considérablement en lyrisme sur le registre soprane de la tessiture. Savoir que le son se déplace aux alentours de 6000 mètres seconde dans le sens des fibres, aide à comprendre que l'orientation des fibres de l'épicéa longitudalement au grand chevalet implique une contre-partie d'échos de résonance des aigüs vers la zone des graves.

Donc, si la zone mélodique gagne en richesse de timbre, celle-ci inclu des potentialités nouvelles d'expression et un "premier son" d'attaque des marteaux mieux audible et entretenu dans le temps "musical". S'enchaînera un meilleur suivi mélodique par les auditeurs absolument indispensable lors de passages d'accords avec basses et altos fournis simultanés. Et bien entendu, le contrôle et la maitrise des "crescendo" seront plus orchestrals et pleins de ressources créatives et expressives. Il s'agit bien là d'ouvrir les mondes de l'imagination des Artistes dans l'espace sonore et d'augmenter les capacités à créer des phénomènes de correspondances acoustiques dans les matières vibratoires du piano.

En ce qui concerne le registre des basses, il est moins aisé d'entreprendre les corrections car on a à faire avec une double pression des chevalets sur le centre de la table. Ce que l'on corrige d'un côté, peut avoir une mauvaise influence de l'autre. D'autre part, la présence de deux zones conjointes de pression implique une grande charge sur une structure de bois de résonance sensible à la déformation. On recherchera une pression homogène préalable mais avec l'aide des oreilles du musicien, du technicien et et de l'auditeur. Là également, la grande qualité du serrage des enroulements de cuivre est primordiale à la clarté et la puissance des basses. Et c'est l'expérience qui pourra faire la distinction entre un filage désséré, une tension incorrecte ou une charge à corriger éventuellement.

La table d'harmonie est conçue pour vibrer le plus rapidement possible aux alentours de 500 Hertz. Elle est plus épaisse et rigide au centre et plus fine et souple dans la zone de collage sur la ceinture du piano. Les amincissements en sifflets représentent les assouplissements d'élasticité choisis par les Facteurs et déterminent les caractéristiques sonores du timbre. La clarté, le chantant, la puissance du son dépendent donc d'un dosage entre les centaines de kilos des cordes sur les chevalets et la résistance (rigidité) mécanique du bois de résonance.

Ces bois de résonance doivent avoir des qualités exceptionnelles dans la grande variété des bois commerciaux forestiers. Les facteurs de pianos (et Luthiers célèbres) ont sélectionné (depuis longtemps) entre autres le sapin rouge. Cette essence d'épicéa a ses peuplements en altitude vers 1300 mètres dans le massif montagneux de la chaîne des Alpes. Le sapin rouge a des qualités mécaniques et acoustiques hors du commun. Une capacité à conduire l'énergie des ondes sonores dans le sens des fibres à plus de 7000 mètres/seconde. Les essences moins sélectionnées de sapin peuvent descendre vers 4000 mètres/seconde. Mais les trouver dans le massif relève d'une vraie spécialité. Malheureusement la filière des bois de résonance est mal identifiée et les scieries qui s'y interressent sont rares compte-tenu des faibles quantité et le savoir-faire technique propre des hommes de l'Art. En effet, les qualités requises pour ce bois "sans défauts" sont telles que la sélection donne une statistique de un arbre par hectare de forêt.(le classement "bois de resonance est supérieur au classement bois d'ébénisterie) Aussi l'abbatage industriel des parcelles d'exploitation vers les caisseries ne distingue pas les arbres à musique avec ceux servant au déroulage des placages pour le conditionnement agro-alimentaire. Sans doute avez vous de temps à autre une jolie boite à fromage sur votre table qui aurait pu être la table d'harmonie d'un exceptionnel violon "Stradivarius" valant plusieurs millions de dollars..

Donc c'est bien dans les qualités du bois de resonance, son séchage, son conditionnement avant collage, sa conception, sa fabrication, la manière dont il est assemblé sur le barrage de rigidité, et au final sa charge qui déterminera le secret d'une sonorité orchestrale et magique.

 

 Transférer l'introversion vers l'extraversion de l'expression musicale d'un piano de concert tient quelques fois à quelques dixièmes de mm subtilement dosés.

Que cette relation entre les termes techniques et la musique puisse vous éclairer dans la compréhension de l'Art du piano. N'hésitez pas à poser vos questions ou remarques sur l'espace qui vous est réservé ci-dessous.

 

 

 

LES SECRETS DE LA DYNAMIQUE CLAVIER-MARTEAUX

Dans cet partie du traité, nous allons entrer dans la partie mystérieuse

 de la dynamique du mouvement de clavier-Marteaux liée au piano de concert.

Comme je le disais auparavant, la conception d'une mécanique pour le concert est différente de celle installée dans un quart de queue ou modèles inférieurs. Sa conception particulière implique une forme trapézoïdale et non rectangulaire. Cette forme induit des touches du clavier plus longues dans les basses et se réduisant en longueur vers les aigüs. Cette singularité a pour but d'harmoniser les forces de pressions du mouvement des touches afin de compenser le poids plus important des têtes de marteaux des basses jusqu'aux têtes de marteaux des aigüs bien plus légers.

Mais non seulement cela, l'autre avantage très important est d'assurer une meilleure adaptation géométrique sur la ligne de frappe des marteaux sur leur position aux cordes. Cette ligne de frappe est le segment fondamental sur lequel se dessine toute la géométrie du reste de l'instrument. C'est de cette ligne que dépend le design entier de la conception instrumentale. C'est le premier trait sur la planche à dessin. 

En effet, l'allongement des cordes sur instruments de concert en relation avec la puissance sonore, implique un modèle de cadre en fonte différent du quart de queue, permettant l'allongement du plan de cordes dans les basses. Car sur les pianos de concert, la table d'harmonie plus allongée permettra de mieux centrer le chevalet des basses et donc d'accroître ses performances sonores. Plus le chevalet est positionné sur le milieu de la table, meilleure sera son amplitude vibratoire et donc la puissance et la richesse harmonique. On observera au passage que son corollaire est une rigidité plus accrue de la table de résonance avec des barres de dessous légèrement plus importantes ainsi que des calculs de zones d'épaisseur de planche plus poussés (de 10 au centre à 7 mm sur les bords). Il s'agit en effet de résister aux charges de pressions de la nappe de cordes, laquelle est plus tendue encore vers les basses que dans les petits pianos. Soit plusieurs centaines de kilos de charge sur les chevalets de la table en épicéa.

Cet exposé ne s'adressant pas aux techniciens Facteurs de pianos mais à un lectorat de Concertistes et Mélomanes, je simplifirais mes propos à la compréhension des aptitudes de performance de cet ensemble mécanique à l'exercice de l'Art du Piano.

Les données techniques précises peuvent être fournies sur simple demande. Ces données varient d'ailleurs d'une marque à l'autre et d'un modèle à l'autre avec leur évolution dans le temps de la fabrication. Autant dire la complexité de ce domaine.

Avant toute choses, je tiens à briser un mythe de la perfection mécanique. On a trop tendance à percevoir la conception et le réglage d'un mouvement de clavier comme celui d'une horloge. C'est un Art de concevoir et fabriquer des mouvements d'horloges et montres. C'est une redoutable précision mécanique, technique. Traduire la précision de l'horloge sur une mécanique de piano serait un échec ou un non-sens.

On pourrait penser que ce serait un compliment que de croire un technicien vous régler comme un horloger une mécanique de piano. Non !

Le but mécanique d'une montre est d'être la moins variable possible dans son mouvement temporel. Cette précision implique la régularité du balancier comme un métronome calibré sur la seconde c'est à dire 60. Mais ce mouvement d'horloge n'est alimenté que par une souce d'énergie lié à une dynamique ressort ou électrique par pile.

Et là vient la différence, l'énergie qui alimente toutes les capacités physiques du son d'un piano est humaine ! Il n'y a rien de plus aléatoire, imprévisible, arithmique, variable en force et en intensité que les sollicitations d'un clavier de piano. Ce qui veut dire que la précision d'un clavier n'est pas statique d'un point de vue mécanique, mais soumis à des variations de mouvements et de transmissions gigantesques.

Ceci pour affirmer que l'Art du réglage d'une mécanique de piano se comprend dans sa dynamique physique.  (dimensionnements, stabilité, mobilités, contraintes)

C'est la raison pour laquelle si peu de gens professionnels dans le monde ont tant de mal à expliquer son fonctionnement.

Or l'inter-action des mouvements des pièces entr'elles ont plus à voir avec la bio-mécanique humaine qu'avec le fonctionnement des machines.

Ainsi, comme ni les concertistes, ni les Accordeurs et Facteurs de PIanos ne suivent des formations ou enseignements sur la biomécanique fonctionnelle, la relation instrumentale entre l'Artiste et la création de l'espace sonore de la musique reste floue, peu comprise, vague, imprécise.

Ce manque d'analyse, par le non-savoir de cerner le contexte de réflexion approprié, est responsable de cette mystification de l'instrument.

C'est vrai que le sujet est complexe et difficile. La fabrication d'une mécanique de piano reste quelque chose de très précis, et les variables des spécifications constructeurs rendent l'approche encore plus ardue. La firme RENNER en Allemagne fabrique ses pièces aux demandes des Ingénieurs de fabrication des différentes marques. Le catalogue des pièces est énorme. Donc le choix des variables techniques implique des solutions d'adaptations aux différentes nomenclatures instrumentales.

Bien que Steinway& Sons donne le "La" en la matière, c'est à dire un certain standard de perfection de par sa renommée internationale pour ses Pianos, il existe dans les faits un grand flou artistique sur une normalité conceptuelle d'un mouvement de clavier parfait.

La référence du Steinway de concert modèle "D" est ce qui se fait de mieux en référencement concert. Au point même que la plupart des marques concurrentes, se comparent aux caractéristiques de ce modèle pour argumenter la valorisation de leur propre production. 

En termes purement mécanique, avancer les paramètres de réglage type Steinway devrait suffire à clore les discussions... Poids de l'effort d'enfoncement des touches des basses réglé sur 52 grammes, puis 49 grs, puis 48 grs, et finir à 47 grammes dans les aigüs.. puis autant de grammes à la remontée des touches, et autant de grammes pour le poids des têtes de marteaux, avec une épaisseur feutre d'autant et une densité bois des âmes de marteaux en acajou, charme, kotibé... 

Seulement voilà, certains Steinway et autres marques de concert se révèlent injouables car trop lourds et donc fatiguants, ou trop légers, le pianiste n'a pas de repère statique pour doser ses nuances. Mais la grande majorité des pianos de concert sont catastrophiquement imprécis, irréguliers, bruyants, fatiguants avec des erreurs conceptuelles ou de qualités matières.

Il faut reconnaitre que le métier de Concertiste n'est pas reposant loin de là. Il demande beaucoup de courage et de persévérance, de l'endurance physique et mentale. Le Concertiste se doit d'entretenir une grande forme pour affronter ces machines instrumentales dans des salles démesurées acoustiquement et se soumettre à une attente exigeante d'un public averti.

Et bien souvent, on (l'administration) se contentera de missionner un Accordeur qui viendra en une à deux heures assurer la justesse de l'accord du piano pour le concert. L'Expert en réglage et mise au point instrumentale pour concert n'est pas "Merlin l'enchanteur"! Jamais, je dis bien, jamais, un instrument de concert ne sera prêt en deux heures de bricolage et dans le stress de surcroît. 

L'Accordeur de Piano devrait être payé autant que le cachet de l'Artiste ! Sans son piano, le pianiste n'est rien. Comme si il suffisait de faire le plein de la voiture pour gagner la course !

On prend trop souvent l'Accordeur de Piano comme le manutentionnaire de maintenance qui doit juste changer l'ampoule du plafond de scène pour la réussite du concert.

Si le Concertiste à des milliers d'heures de répétition pour son programme de concert ou pour développer sa maitrise de l'improvisation, le Technicien Accordeur à ses milliers d'heures d'expérience professionnelle dans les démontages, remontages, mises aux points, réglages, ajustages, analyses sonores, accords, adaptations dans toutes les situations acoustiques et scèniques, de compromis avec les Artistes, ingénieurs du son, Régisseurs techniques et d'Orchestres, de casse tête avec les budgets d'entretien aloués au piano... 

Il faut reconnaitre aussi que le Piano de Concert est élitiste. D'abord par son prix ! Puis par l'élite Artistique que cet instrument accompagne. L'environnement culturel y est fermé, cloisonné, régi par des codes et des relations privées. Mais également, il s'adresse à un large public de mélomanes dans beaucoup de styles musicaux. C'est très spécial, au point d'être inclassable dans les normalités socio-économiques.

Donc l'Accordeur de PIano qui intervient sur ces Pianos d'élite, de par sa haute compétence d'Art liée à leur fabrication de très haut niveau, la valeur financière importante, et l'enjeu non moins important, de faire réussir l'accomplissement Artistique d'une carrière d'un Concertiste international, n'est pas le même que celui qui tend des cordes sur des caisses de piano droit en contreplaqué d'origine chinoise. Dont la finalité musicale se définit plus du bruit de la batterie de cuisine d'une pizzeria que de la symphonie du "nouveau monde".

Pour revenir au sujet, il y a quelques temps, j'ai introduis un nouveau mot très important dans mes propos de réglages. Et ce mot quasiment pas employé par les gens du métier, est : ergonomie clavier.

Celui-ci définit donc les caractéristiques dynamiques liées à : la précision, la vélocité, la fatiguabilité, l'expressivité sonore, le confort de jeu, la fiabilité dans le mouvement, la perception auditive et sensorielle, la fluidité du transfert d'énergie de l'intention humaine au son créé par l'architecture acoustique.

L'ergonomie analyse plus que le simple geste technique musical d'appuyer sur les touches. Il prend en compte toute l'attitude de l'Artiste devant les paramètres instrumentaux du Piano. Chaque détail a son importance dans la performance musicale et sa qualité.

Si le Concertiste a un grand pouvoir d'adaptation, l'Accordeur expert a aussi un grand pouvoir d'adapter les qualités techniques de la dynamique au jeu instrumental de haut niveau de l'Artiste !

La qualité de ces réglages peut enthousiasmer et susciter chez lui des talents ou une créativité insoupçonnée. L'Accordeur prépare le terrain à une production musicale magique et inouïe. Le Moment d'un concert est unique et rare, si l'Artiste est prêt à se produire, le piano doit lui aussi être en super-forme ! Si l'exploit musical est enregistré, c'est toute une chaine économique de production qui va bénéficier de cet instant exceptionnel. (et parfois sur de très gros budgets internationaux). La renommée d'un Artiste ne se fait pas par hasard.

Donc si j'insiste sur cette permanente présence technique sur le piano, c'est que l'instrument est relativement fragile et varie sensiblement en qualité selon les contraintes d'environnements climatiques, le dérèglement dû à ses manipulations de scène, lié à son usage intensif jusqu'à l' extrême en performance de concert. Feutres, positionnements, ajustages, forces des ressorts de répétition, positionnement des cordes et étouffoirs, dérèglements des transmissions de pédales, etc... Des milliers de pièces, des centaines de points de contrôles, des paramètres acoustiques variables par les caractéristiques du bois.

La performance se prépare, s'anticipe, se planifie, comme un plan de vol.

Si je prends en responsabilité technique de performance un piano de concert, il me faudra au minimum plusieurs mois de travail de préparation. En fait, il faut toute une série de phases d'interventions, car le piano a besoin de temps pour stabiliser et rôder ses nouvelles caractéristiques acoustiques. Il s'agira ensuite de maintenir ces performances instrumentales dans le temps.

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (1)

1. Omar Yagoubu 17/10/2009

Bonsoir Jérôme,
je ne savais pas que je mettais autant de complexté en oeuvre, en jouant du piano.
Plus pragmatique; Le fait est, que la crise des matières premières, l'acier surtout, a eu des conséquences sur la facture du piano. Le "bon" acier étant réservé à l'industrie automobile pour les moteurs.
@mitiés

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Date de dernière mise à jour : 02/09/2012

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